Également connu sous le nom de dermatite nummulaire ou eczéma discoïde, l’eczéma nummulaire est une maladie chronique qui se manifeste par des lésions en forme de pièce de monnaie sur la peau. Ces lésions, qui démangent le plus souvent, ont des contours bien définis. Elles peuvent suinter ou devenir sèches et croustillantes. L’eczéma nummulaire apparaît généralement après des évènements tels qu’une brûlure, une abrasion ou une piqûre d’insecte. Cette pathologie dermatologique non contagieuse a tendance à toucher plus d’hommes que de femmes. Elle peut être traitée avec des crèmes topiques. Rare chez les enfants, l’eczéma nummulaire a une prévalence d’environ 2 pour 1 000 personnes.

Quels sont les symptômes de l’eczéma nummulaire ?

Le symptôme le plus commun et le plus visible de l’eczéma nummulaire est un patch de lésions en forme de pièce de monnaie sur le corps. Le premier signe est généralement un groupe de petites taches rouges ou des bosses sur la peau. Ceux-ci fusionnent ensuite très rapidement pour former de plus grandes taches roses, rouges ou brunes pouvant aller de quelques millimètres à plusieurs centimètres de diamètre.

Démangeaisons plus intenses la nuitLes démangeaisons sont particulièrement intenses, surtout la nuit, et les lésions peuvent brûler ou piquer. Les grattages fréquents peuvent conduire à un processus de lichénification, dans lequel l’épiderme forme des excroissances. Cela provoque l’épaississement de la peau et l’apparition de taches qui donnent à la peau l’apparence d’une écorce coriace. Parfois les lésions peuvent suinter un liquide et finir par se croûter. La peau entourant les lésions peut être rouge, squameuse ou enflammée. La maladie affecte différentes parties du corps, mais on la trouve surtout sur les jambes, les mains, les avant-bras et le tronc. Le visage et le cuir chevelu ne sont pas affectés.

En cas de soupçon d’eczéma nummulaire, il faut consulter immédiatement un médecin. Si elle n’est pas traitée dans des délais raisonnables, une infection secondaire pourrait se développer. Une fois que cela se produit, une croûte jaunâtre se forme sur les lésions infectées. Cette maladie dermatologique a une forte tendance à être chronique. La vie du patient est généralement émaillée de période de rémission et de rechutes. L’évitement des facteurs exacerbants et une attention particulière à l’hydratation de la peau peuvent aider à réduire la fréquence des rechutes.

Quelles sont les causes de l’eczéma nummulaire ?

Les causes sont inconnues, mais la maladie est plus susceptible d’affecter les personnes ayant une peau sèche et sensible qui est facilement irritée par le savon, les détergents et les vêtements rugueux. L’eczéma discoïde semble être plus fréquent pendant les mois d’hiver, lorsque les niveaux d’humidité intérieure sont plus bas.

De nombreuses personnes atteintes d’eczéma nummulaire ont des antécédents personnels ou familiaux d’allergies, d’asthme ou de dermatite atopique. La dermatite atopique est une affection cutanée qui provoque des démangeaisons ou des éruptions cutanées. Les personnes atteintes d’eczéma nummulaire ont également tendance à avoir une peau sensible qui s’irrite facilement.

Les facteurs qui peuvent contribuer au développement de cette maladie dermatologique comprennent les changements de température, le stress, la peau sèche, ainsi que les irritants environnementaux, tels que les savons, les métaux et le formaldéhyde. Les facteurs de risque comprennent le fait de vivre dans un climat froid et sec, d’avoir une peau sèche et d’avoir un problème de circulation sanguine dans les jambes.

Certains médicaments peuvent également être associés à l’eczéma discoïde. A leur nombre on compte l’interféron et la ribavirine qui sont utilisés pour traiter l’hépatite C. On a aussi les bloqueurs du facteur de nécrose tumorale alpha (TNF-alpha) utilisés pour traiter certains types d’arthrite. Les statines utilisées pour combattre le cholestérol sont parfois impliquées. Selon l’American Academy of Dermatology (AAD), les hommes sont plus susceptibles de l’avoir que les femmes, et il a tendance à apparaître entre 55 et 65 ans. Les femmes qui en souffrent sont normalement plus jeunes. La maladie apparait à l’adolescence ou au début de l’âge adulte. Il est très rare que les enfants soient atteints.

Comment l’eczéma nummulaire est-il diagnostiqué ?

Test sanguin pour détecter l'eczéma nummulaireLe médecin peut être en mesure de diagnostiquer cette pathologie en posant des questions sur les antécédents médicaux du patient et en inspectant visuellement sa peau. Il peut également le faire en effectuant une biopsie de la peau pour aider à éliminer d’autres affections connexes, comme les infections. Au cours de la biopsie, le médecin retire un petit morceau de tissu cutané de la zone touchée. L’échantillon sera ensuite analysé pour vérifier la présence ou non de bactéries.

Si le médecin soupçonne que les lésions sont le résultat d’une réaction allergique, il peut aussi effectuer un test d’allergie. Cela peut inclure des tests cutanés ou des tests sanguins qui peuvent aider à déterminer les substances auxquelles le patient est allergique, le cas échéant.

Traitement

Le traitement vise la réhydratation de la peau, la réparation de la barrière lipidique épidermique, la réduction de l’inflammation et le traitement de toute infection. Les bains ou douches tièdes ou froids réduisent les démangeaisons et aident à réhydrater la peau, tant que du savon n’est pas utilisé et que des hydratants sont appliqués sur la peau humide. Les patients doivent se baigner au moins une fois par jour.

Les stéroïdes sont la thérapie la plus couramment utilisée pour réduire l’inflammation. Les formes topiques sont les plus efficaces. Les lésions moins érythémateuses et moins prurigineuses peuvent être traitées avec des stéroïdes de faible puissance (classe III-VI). Les lésions sévèrement enflammées nécessitent des préparations très puissantes (classe I-II).

Les pommades sont généralement plus efficaces que les crèmes anti-eczéma car elles sont plus occlusives, forment une barrière entre la peau et l’environnement et retiennent plus efficacement l’eau dans la peau. Les émollients et les stéroïdes topiques de classe I à III peuvent être utilisés à court terme. Des stéroïdes oraux, intramusculaires ou parentéraux peuvent être nécessaires en cas d’éruptions sévères généralisées.

Les préparations à base de goudron sont utiles pour diminuer l’inflammation, en particulier dans les plaques épaisses et squameuses. Les modulateurs immunitaires topiques (tacrolimus et pimécrolimus) réduisent également l’inflammation. Ceux-ci sont lancés quelques jours après le stéroïde topique pour diminuer le risque de brûlure qui peut se produire lorsque le stéroïde est appliqué sur une peau extrêmement irritée.